Une équipe municipale pour St Bonnet le Chastel
7 Mars 2026
En moins d'un siècle, notre territoire s'est recouvert d'une forêt, dense, quasi monospécifique, effaçant la diversité biologique d'autrefois (notamment en multipliant les drainages et plantations sur andains). Ces plantations anarchiques, notamment d'épicéas, se sont essentiellement réalisées à l'occasion de la déprise agricole, conséquence de l'exode rural, d'où un parcellaire forestier privé très morcelé.
Ainsi, si la forêt recouvre plus de 69,6% du territoire communal, la forêt publique n'en représente qu'une faible part. Sur cette part seulement 51 hectares, très dispersés, appartiennent à la Commune (soit 3% de la surface forestière) et près de 84 hectares, à l'une ou l'autre de ses Sections (Pavagnat, Le Cros-la Gravière, le Montel, le Fraisse).
Ces propriétés, héritées de nos prédécesseurs, constituent un atout pour la collectivité publique. Elles sont des espaces où la biodiversité est préservée et qui sont, librement, accessibles par tous les citoyens, du cueilleur de champignons au randonneur sportif, du chasseur au simple flâneur.
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Pour la Commune et ses Sections, ces forêts sont aussi une source de revenus. Au cours du dernier mandat, sous le contrôle de l'ONF (pour les forêts soumises au régime forestier), ou sous l'administration directe de la municipalité, elles ont rapporté 118 194€ en vente de bois vendus bords de route (frais de gestion ONF déjà déduits) et 8 806€ en produits connexes. Ces sommes, issues de coupes jardinées régulières, améliorent nécessairement le niveau de notre trésorerie (et évite le recours à l'impôt). Dans ces conditions, acheter une parcelle de forêt, ou même un sol de bois, constitue bien un investissement pour l'avenir.
Par ailleurs, depuis quelques années, les forêts du Livradois connaissent une triple évolution : bio-climatique, de modalités d'exploitation et foncière.
- Bioclimatique, car comme partout dans le monde, le changement climatique va entraîner une évolution des espèces adaptées à nos terroirs. Le dépérissement des épicéas ou le rougissement des sapins est déjà manifeste dans bien des endroits du Livradois. Il ne suffit pas de constater, de se lamenter et d'espérer trouver un remède aux scolytes. Le fait pour une collectivité territoriale de disposer de sols en contexte forestier permet des expérimentation en terme d'espèces. Là où un propriétaire privé ne le fera que de manière très timide, cherchant un rendement à moyen terme pour lui et ses enfants, une Commune peut voir plus loin en recherchant les arbres porte-graines qui feront la forêt adaptée pour vos petits-enfants et arrière-petits-enfants.
pour la question incendie voir l'article https://ensemblepourstbonnet.fr/incendie
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- En modalités d'exploitation, car les produits forestiers ne sont plus récoltés comme il y a trente ans. L'apparition de pseudo-coopératives, dans un contexte de propriété fragmentée, a amené la multiplication des coupes à blanc, y compris en sapinière autrefois jardinée. Outre l'ineptie biologique et économique (à moyen terme), cette pratique fait craindre, qu'en dehors des forêts publiques, il n'existe rapidement plus de forêts multi-strates (plusieurs âges d'arbre dans un même bois) et multi-spéfiques (plusieurs essences d'arbres).
D'autre part, pour le transport, une réglementation existe, posée par le décret n°2009-780 du 23 juin 2009, (même si elle n'est pas nécessairement respectée). Ainsi, la route départementale 105 (qui relie Saint-Bonnet à Chambon) ne bénéficie pas de la dérogation bois ronds. Son tonnage est donc limité à 44 tonnes, ce qui exclut la circulation des grumiers en charge maximale autorisée bois ronds. C'est aussi pour cette raison que la Commune et la Communauté de Communes sont allées chercher des financements européens afin de créer quatre voiries de desserte forestière pour les massifs de Charraud, du Montel et de Bovayes/Pavagnat vers la route départementale N°56.
- Foncière car, depuis trente ans, on voit apparaître un nouveau type de propriétaire : les groupements. Certains d'entre eux ont une origine familiale et sont de simples outils de gestion pour des propriétaires restant attachés à notre Livradois ou au monde forestier. En revanche d'autres sont purement spéculatifs, avec des dirigeants qui ne se rendront jamais sur notre territoire. Si ces groupements se sont d'abord intéressés aux grands domaines, ils pratiquent désormais la collecte, en se présentant aux héritiers des forêts dès l'ouverture d'une succession et payent "cash". Les trois plus importants présents sur la Commune possèdent ainsi une surface cumulée de plus de 219 ha. Il ne s'agit évidemment pas de contester la propriété privée, qui est un droit constitutionnel. Il ne faut cependant pas mesestimer que cette évolution ouvre une période d'incertitude sur l'accès aux forêts. On peut, par exemple, craindre l’apparition d'espaces fermés, comme c'est le cas lors de création de chasses privées.
La vie d'une Commune est bien plus longue qu'une vie humaine. De la même manière que nous sommes les héritiers de choix fait voici plusieurs décennies, parfois plus d'un siècle et demi, nous nous devons d'agir en pensant à bâtir demain, mais aussi après-demain.
Administrer une Commune, ce n'est pas limiter sa vision à un mandat de six ans mais c'est la porter à ce que seront les besoins des habitants, et les nécessités des élus municipaux, dans 60 ans.